La douleur, repérage, évaluation et remontée d'information
Détecter, communiquer et alerter avec les bons mots
Direction Autonomie — Joya | Version 1.0 — Avril 2026 | À destination des assistants de vie
Conformité au référentiel qualité HAS — Critères 1.16.2 — 1.16.3 — 1.16.5 — Standard
Ce guide vous aide à repérer les signes de douleur chez les personnes accompagnées et à transmettre les bonnes informations à votre équipe. La douleur est souvent sous-déclarée ou sous-évaluée chez les personnes âgées. Votre vigilance peut faire la différence.

I. Pourquoi la douleur est-elle difficile à repérer ?
📋 Critères HAS : 1.16.2 — 1.16.3
- Banalisation : certaines personnes considèrent la douleur comme une fatalité liée à l'âge et ne la signalent pas spontanément.
- Difficultés d'expression : les personnes avec des troubles cognitifs (démence, Alzheimer) ne peuvent pas toujours exprimer verbalement leur douleur.
- Peur de déranger : certaines personnes évitent de se plaindre pour ne pas inquiéter leur entourage ou leurs soignants.
- Douleurs chroniques normalisées : une douleur présente depuis longtemps peut ne plus être mentionnée alors qu'elle a un impact réel sur la qualité de vie.
II. Comment repérer la douleur
📋 Critères HAS : 1.16.2 — 1.16.5
A. Signes verbaux
- Plaintes directes : "J'ai mal", "ça fait mal", "je souffre" — prenez-les toujours au sérieux, même si elles semblent disproportionnées.
- Plaintes indirectes : "je ne suis pas bien", "je suis fatiguée", "je ne me sens pas en forme" peuvent cacher une douleur.
- Demandes d'antalgiques : la personne demande spontanément un médicament contre la douleur.
B. Signes non verbaux — Observation clé
- Expressions faciales : grimaces, sourcils froncés, crispation du visage lors des soins ou des déplacements.
- Posture et mouvements : évitement de certains mouvements, position antalgique (recroquevillée, penchée), refus de se lever ou de marcher.
- Agitation ou repli inhabituels : cri, gémissement, agitation, ou au contraire mutisme inhabituel.
- Refus des soins ou de l'aide : la personne refuse des soins habituels — cela peut indiquer que ces soins sont douloureux.
- Troubles du sommeil ou de l'appétit : liés à une douleur mal contrôlée.
III. Comment évaluer et transmettre l'information
📋 Critères HAS : 1.16.3 — 1.16.5
Votre rôle n'est pas de diagnostiquer — c'est d'observer et de transmettre. Mais une bonne transmission peut accélérer une prise en charge.
"Où avez-vous mal ?"
Localisation — dos, jambes, ventre, tête... Notez avec précision.
"Sur 10, combien votre douleur est forte ? (0=pas mal, 10=insupportable)"
Intensité — permet de suivre l'évolution.
"Depuis quand avez-vous mal ?"
Durée — douleur aiguë récente vs douleur chronique connue.
"Qu'est-ce qui aggrave ou soulage la douleur ?"
Facteurs déclenchants — certains mouvements, certains soins, le froid...
"Prenez-vous quelque chose contre la douleur ?"
Traitement en cours — à signaler à votre RS pour coordination avec le médecin.
IV. Quand et comment alerter
📋 Critères HAS : 1.16.5 — 3.13.x
- Alertez immédiatement si la douleur est intense (≥ 7/10), soudaine, nouvelle ou accompagnée d'autres symptômes (fièvre, difficultés respiratoires, confusion).
- Alertez rapidement si la douleur persiste depuis plusieurs jours sans amélioration ou si elle limite significativement les activités quotidiennes.
- Transmettez via Joya Pro en décrivant : localisation, intensité (sur 10), durée, signes observés, ce que la personne dit. Appelez aussi votre RS.
- Ne donnez jamais de médicament de votre propre initiative — même si la personne le demande. Alertez d'abord.
Rappel des consignes essentielles
- La douleur est un signal d'alarme du corps — ne jamais la minimiser, même si la personne dit que "c'est normal".
- Observer les signes non verbaux, surtout chez les personnes qui ne peuvent pas exprimer verbalement leur douleur.
- Transmettre : localisation, intensité sur 10, durée, signes associés — via Joya Pro et appel au RS.
- Ne jamais administrer de médicament de sa propre initiative — alerter d'abord.

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