Évaluation des risques de harcèlement et d’abus de faiblesse pour les bénéficiaires
Ce guide a pour but de vous permettre de repérer les signes de harcèlement ou d’abus de faiblesse, d’évaluer les risques, et de remonter les informations pertinentes afin de protéger le bénéficiaire.

Compréhension du contexte et identification des facteurs de risque
Contexte personnel et social du bénéficiaire
Isolement social
Évaluez si le bénéficiaire est isolé, avec peu de contacts familiaux ou sociaux réguliers. Un isolement accentué peut le rendre plus vulnérable aux situations d’abus ou de harcèlement.
Dépendance affective ou financière
Notez si le bénéficiaire dépend affectivement ou financièrement d’une personne particulière. Cette dépendance peut être un facteur de risque si elle crée une relation de pouvoir déséquilibrée.
Capacité de discernement
Soyez attentif aux signes de troubles cognitifs (confusion, oublis fréquents, jugement altéré) qui peuvent réduire la capacité du bénéficiaire à évaluer les intentions d’autrui et à se protéger.
Identifications des comportements à risque dans l’entourage
Présence de personnes extérieures non identifiées
Observez si des personnes extérieures (amis, voisins, prestataires) visitent régulièrement le bénéficiaire sans être référencées comme contacts habituels.
Sollicitations financières ou matérielles
Interrogez le bénéficiaire, dans le respect de sa confidentialité, pour savoir si des personnes lui demandent régulièrement de l’argent, des biens matériels, ou un soutien financier.
Influence excessive sur les décisions
Soyez attentif si une personne dans l’entourage semble influencer fortement les décisions du bénéficiaire (changement de testament, achat impulsif ou prêt de biens).
Repérage des signes d’alerte
Signes physiques et comportementaux chez le bénéficiaire
Anxiété ou nervosité
Notez si le bénéficiaire montre des signes d’inquiétude ou d’anxiété en présence de certaines personnes ou à l’idée de parler d’elles.
Changements dans le comportement ou l’apparence
Observez toute modification dans l’apparence, l’hygiène ou le comportement général du bénéficiaire, comme un manque d’entretien, un retrait social ou un comportement inhabituel.
Plaintes indirectes ou ambiguës
Si le bénéficiaire exprime des plaintes indirectes comme “Je me sens souvent contraint de faire des choses que je ne veux pas” ou “Je me sens dépendant de…”, ce sont des signaux à ne pas négliger.
Comportements observables chez des tiers
Présence intrusive ou constante
Si une personne extérieure est souvent présente lors des visites sans raison claire, cela peut indiquer une surveillance ou un contrôle.
Commentaire ou critique excessive
Notez si un tiers émet des commentaires dévalorisants ou des critiques récurrentes envers le bénéficiaire, ce qui peut être un signe de harcèlement.
Sollicitations fréquentes ou pressions
Si une personne demande souvent des services ou un soutien financier au bénéficiaire, cela peut constituer un abus de faiblesse, surtout si le bénéficiaire semble contraint de s’y plier.
Actions et remontée des informations à l’agence
Documenter les observations factuellement
Notez les comportements observés de manière neutre et détaillée. Par exemple : “Le bénéficiaire semblait anxieux lorsqu’une personne X est arrivée pendant l’évaluation” ou “Le bénéficiaire mentionne des demandes financières régulières de la part de Y.”
Remonter les informations immédiatement
Contactez l’agence dès que possible pour signaler les comportements suspects ou les signes de harcèlement, en respectant la confidentialité du bénéficiaire.
Recommandation de suivi spécifique
Si vous identifiez un risque de harcèlement ou d’abus de faiblesse, recommandez que l’agence mette en place un suivi spécialisé (par exemple, avec un travailleur social ou un psychologue).
Conduite à tenir et protection du bénéficiaire
Écouter et rassurer le bénéficiaire
Créez un espace de confiance pour que le bénéficiaire puisse exprimer librement ses préoccupations sans se sentir jugé. Assurez-lui que vos échanges restent confidentiels, sauf en cas de danger pour lui.
Informer le bénéficiaire sur ses droits
Expliquez-lui, si besoin :
- Qu’il a le droit de dire non à des demandes financières ou matérielles et de demander un accompagnement pour mieux comprendre ses droits.
- Encourager la mise en place de contacts réguliers avec des personnes de confiance
- Encouragez le bénéficiaire à renforcer ses liens avec des personnes de confiance (famille, amis, voisins) qui peuvent l’aider à rester en sécurité.
Rappel des essentiels
- Observez et documentez les comportements et les interactions suspects de manière factuelle et neutre.
- Informez l’agence sans délai dès qu’un risque de harcèlement ou d’abus de faiblesse est constaté.
- Créez un cadre sécurisé pour encourager le bénéficiaire à exprimer ses ressentis et ses besoins, tout en l’aidant à se protéger.






